En ces temps de restrictions budgétaires, la demande d'Ubifrance est pour le moins osée. L'agence publique chargée de soutenir les exportateurs réclame une rallonge à l'Etat pour pouvoir répondre à l'intérêt croissant des PME pour les marchés étrangers. Des discussions sont en cours avec Bercy, son autorité de tutelle. « Nous aurions besoin de 5 à 8 millions d'euros supplémentaires cette année pour continuer à aider les PME », explique Christophe Lecourtier, directeur général d'Ubifrance. Pour l'heure, la dotation d'intervention versée par l'Etat est « d'environ 21 millions d'euros ». Problème, Ubifrance prévoit de dépenser « entre 27 et 29 millions d'euros » pour accompagner les PME à l'étranger.
Objectifs largement dépassés
« Confrontées à la crise, les entreprises ont prospecté tous azimuts à l'international pour chercher de nouveaux clients », poursuit Christophe Lecourtier. Et se sont tournées massivement vers Ubifrance. L'agence publique a subventionné 19.500 missions d'entreprises en 2009 pour un montant de 24 millions d'euros, alors que l'objectif fixé avec l'Etat était de 14.400 PME (avec une dotation de 18,3 millions d'euros). Et, cette année, ce sont environ 24.000 PME qui seront aidées pour venir sur les salons et foires internationales, contre 17.200 prévues. « Comme l'an dernier, nous allons réduire nos coûts de fonctionnement, mais cela ne suffira pas, poursuit le directeur général. Pour 2011, j'ai proposé que l'on baisse les moyens de fonctionnement, mais que l'on maintienne ou augmente les ressources qui profitent aux entreprises. »
Extension du réseau envisagée
Côté fonctionnement, Ubifrance achèvera en septembre la dernière phase de la réforme de son réseau. Intégrant certaines missions économiques jusque-là rattachées aux ambassades, l'agence comptera alors 63 bureaux répartis dans 44 pays. Mais une réflexion est déjà en cours pour étendre encore le périmètre d'Ubifrance au-delà des objectifs initiaux, avec une dizaine de bureaux supplémentaires à l'horizon 2012 dans des pays comme l'Argentine ou le Chili.
Si les entreprises françaises prospectent de plus en plus à l'international, il leur reste à transformer l'essai. Le nombre d'exportateurs est en constante érosion depuis une dizaine d'années. Ils n'étaient plus que 91.600 l'an dernier, 4 % de moins qu'en 2008.

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